Quelques (bonnes) nouvelles de la biodiversité dans les fermes du réseau

Voici quelques nouvelles qui nous sont arrivées récemment par le réseau… Deux exemples de réussite en bocage, chez Sylvain (63) et chez Marion et Antoine (53).

Le Pique-prune chez Sylvain

Pique Prune Photo Sylvain Pouvaret
Pique-prune, photo S. Pouvaret

Début juillet, Sylvain (Le Soleil des P’tits Bleus, Puy de Dôme) a trouvé sur sa ferme un pique-prune…

Le Pique prune est un coléoptère rare et discret de la même famille que les Cétoines. Il vit dans les cavités à terreau de très vieux arbres, eux même devenus rares (ceci explique cela), se nourrit de bois mort.

Il est aussi inscrit à l’annexe II de la Directive Habitats Faune Flore de 1992, considéré en danger en France, et il fait partie d’un cortège de coléoptères presque aussi rares, que Sylvain avait déjà trouvés sur sa ferme (Taupin violacé, Grand Capricorne, Lucane cerf volant).

Sylvain soupçonnait la présence de l’espèce, compte tenu de la qualité de son bocage et de ses vieux arbres dont il prend grand soin.

La voilà révélée, grâce à l’appétit d’un probable rhinolophe (tout aussi friand des vieux bocages).

Le retour de la Caille des blés chez Marion et Antoine

Témoignage de Antoine sur la réapparition de la Caille des blés dans les parcelles de la ferme A Tout Bout de Champ (Mayenne) :

Quel plaisir d’entendre au petit matin le champ de la caille des blés !

Je localise un individu ; puis quelques minutes après un second qui chante à environ 50 mètres de distance. Les cailles se répondent dans le nouveau verger, planté en 2023, et pâturé extensivement par les génisses. J’ai protégé chaque plant par un enclos 4 m x 4 m en clôture forestière de 1,20 m de haut, afin de garantir la croissance de l’arbre sans l’exposer à l’appétit des vaches. Les 60 enclos de 16 m² sont paillés une fois par an pour maintenir une isolation thermique et préserver un peu d’humidité pour les jeunes plants. Je suppose que les hautes herbes qui ont poussé sont le refuge des cailles qui y trouvent abri et nourriture.

photo Antoine Ponton
jeune verger (photo Antoine Ponton)

Le lendemain, elles sont dans une prairie attenante à notre champ de blé pas encore moissonné, tout juste à côté du verger.

Je n’avais plus entendu de Caille depuis 2014. J’en étais tellement nostalgique que je l’avais mise comme sonnerie de sms. Et ce matin-là, c’est un vrai message qui venait d’arriver ! Et quel beau message : plante des arbres, mets des herbivores sur les prairies, ajoute des haies, un peu de culture vivrière et observe !

Le Muscardin… toujours chez Marion et Antoine

Noisettes mangées par un muscardin - photo Oscar Clément-Robert
Noisettes mangées par un muscardin – photo Oscar Clément-Robert

Marion et Antoine ont accueilli à la ferme un stagiaire de BTS Gestion et Protection de la Nature, Oscar, qui a travaillé sur le Muscardin : petit rongeur arboricole, nocturne, hibernant d’octobre à avril, l’espèce se nourrit de bourgeons, de fleurs et d’insectes, puis, l’automne venu, de fruits à coque et de baies (noisettes, mûres) indispensables pour constituer ses réserves de graisse. Cette alimentation rend l’espèce dépendante de réseaux de haies denses, diversifiées et connectées (autant dire que l’espèce n’est pas bien à son aise dans beaucoup de zones de bocages dégradés ou disparus).

Oscar a cartographié la capacité d’accueil des haies (diversité des essences, épaisseur et continuité du linéaire), puis a sélectionné plusieurs points de relevés dans les secteurs à fort potentiel. Résultat : le « rat d’or » est bien là, il a laissé derrière lui des noisettes typiquement grignotées (ouverture circulaire et biseautée). Marion et Antoie vont continuer de favoriser sur la ferme les milieux les plus favorables à l’espèce.