Le projet Paysans de nature et son réseau

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Paysans de nature : faire de l’installation paysanne un outil de protection de la nature

Des constats …

Le projet Paysans de nature est né à l’initiative de paysans et d’une association de protection de la nature (la LPO Vendée). il vient de 3 constats principaux :

le constat du déclin de la biodiversité sauvage

Les scientifiques, aidés par les réseaux d’observateurs naturalistes bénévoles, le disent et le redisent : la biodiversité qu’on croyait commune connaît une érosion très forte. Presque 80 % de la biomasse d’insectes a disparu en 30 ans, 1 million d’espèces seraient menacées de disparition.

Verdier d’Europe © Sébastien You
-51% en 18 ans !

En France,près de 40% des oiseaux des zones agricoles ont disparu en 30 ans. Pour des espèces comme le Verdier d’Europe ou le Tarier des prés, le déclin atteint plus de 50 %.

La biodiversité des campagnes qu’on disait  « ordinaire » ne sera bientôt plus qu’un vague souvenir…

Évolution des populations d’oiseaux en France depuis 30 ans (source : MNHN – vigie Nature)

le constat agricole

Entre 1988 et 2013, plus de la moitié des fermes françaises a disparu (soit plus de 500 000) . Cette dynamique se poursuit : entre 2013 et 2022, 161 000 chefs d’exploitation auront cessé leur activité, et seulement 71 000 personnes se seront installées.

Évolution du nombre d’exploitations et de la taille des exploitations (source : agreste)

Mais les espaces laissés par ces départs ne retourneront pas à la nature : ils sont repris par des exploitations agricoles existantes qui s’agrandissent, mécanisent et intensifient toujours plus leurs pratiques (drainages, engrais de synthèse, pesticides, plantes mutagènes, élevages concentrationnaires…) avec pour corollaire

  • la destruction des habitats naturels,
  • la déstructuration des sols,
  • la pollution de l’air, de l’eau,
  • et des impacts sur la santé humaine.

La surface moyenne des exploitations a ainsi augmenté de 34 ha en 25 ans. C’est un constat inquiétant pour les paysans, toujours plus isolés, l’alimentation des populations locales mais aussi l’environnement (qui dit ferme plus grande et moins de main d’œuvre dit en générale augmentation de la mécanisation, des intrants).

Le constat sociétal et institutionnel

La forte augmentation de la demande en produits issus d’agriculture locale et respectueuse de l’environnement n’est plus à démontrer. Les achats de produits bio ont été multipliés par 8 entre 1999 et 2017.

La consommation bio des ménages en croissance structurelle © Agence bio
Érosion de la biodiversité préoccupante © ONB 2018

En revanche, la biodiversité sauvage, souvent affaire de spécialistes, est restée jusqu’à assez récemment la grande absente des débats environnementaux. Si les Français se sont pendant longtemps peu occupés de biodiversité sauvage, l’Observatoire national de la biodiversité nous indique, dans son rapport de 2018, qu’un quart d’entre eux jugent désormais que l’érosion de la biodiversité est un des problèmes environnementaux les plus préoccupants.

Chacun perçoit qu’il y a un lien entre la société consumériste, le réchauffement climatique, la perte de biodiversité, nos modes de consommation, la santé, l’agriculture, etc.

Par ailleurs, celles et ceux qui s’intéressent à l’évolution des territoires ruraux ne peuvent que constater la puissance des politiques agricoles successives au regard des politiques de protection de la biodiversité. Portées en haut lieu par l’industrie agro-alimentaire, elles sont relayées dans la plupart des organes décisionnels locaux par un petit nombre de personnes qui ne sont pas représentatives de la population française, malgré l’importance des choix, en matière d’agriculture, sur la santé et l’environnement de tous.

Si l’on ajoute à cela l’extrême complexité de l’administration agricole, tous les ingrédients sont réunis pour que les décisions soient opaques et inaccessibles aux citoyens. Et les politiques environnementales restent, toujours, la dernière roue de la charrette.

… aux objectifs

Le projet Paysans de nature vient du lien entre ces 3 constats : le déclin de la biodiversité en zone agricole, l’enjeu de renouvellement de la population agricole et les attentes de la société.

La surface agricole représente plus de 50 % de la surface du territoire français, alors que la surface des aires protégées pour la nature n’est que de 1,37 % !

On voit donc que la gestion future des espaces agricoles est à la croisée de tous les enjeux de société actuels. Le renouvellement et le profil des paysans gestionnaires de nos territoires est le facteur clé de l’avenir de la biodiversité en zone rurale.

En d’autres termes, nous devons dépasser les outils actuels de protection de la nature, qui ont été efficaces pour quelques espèces et des espaces restreints, mais qui ont été insuffisants pour endiguer le désastre biologique auquel on assiste aujourd’hui.

Tel est l’objectif du projet Paysans de nature : multiplier les espaces dédiés à la conservation des espèces sauvages, en contribuant à installer des paysans et paysannes acteurs de la protection de la nature, en s’appuyant sur les politiques agricoles et environnementales existantes, avec une gouvernance territoriale, citoyenne, militante.

Le projet va au-delà des labels et certifications bio, dont les pratiques constituent cependant un socle indispensable. Et le projet ne se substitue pas au travail des structures dont l’installation paysanne est le métier.

Le projet Paysans de nature®, le réseau… principes de fonctionnement

Le projet Paysans de nature®

Il est porté par les paysans du réseau et les associations de protection de la nature. Il a pour objectif d’installer de nouveaux paysans, à l’aide d’un certain nombre d’outils.

Le réseau Paysans de nature®

Il est constitué d’associations ou structures environnementales et de paysans et paysannes déjà installés qui portent la biodiversité comme objectif prioritaire, ont signé l’une des chartes, et sont moteurs dans la mise en œuvre du projet.

Mais au fait, un paysan de nature c’est quoi ?

Le réseau est en construction !

Actuellement il repose sur :

  • un document « de cadrage »
  • 2 chartes d’engagement
  • un outil de conventionnement entre la coordination régionale LPO Pays de la Loire (dépositaire de la marque) et les organisations locales de protection de la nature souhaitant développer le projet
  • un comité de pilotage national en cours de constitution.
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