Mobilisation du monde agricole : position et propositions de Paysans de nature

Paysans de nature s’associe à la détresse du monde paysan et rejoint le constat du manque de considération pour un métier qui nourrit les humains, façonne les paysages, détermine la santé, assure la qualité de l’eau et l’hospitalité pour beaucoup d’êtres vivants.

Les propositions de certains syndicats ou du gouvernement, qui conduisent à renoncer aux ambitions de transition agro-écologique, ne feront que repousser dans le temps la colère d’un métier qui est dans ces conditions condamné à être en rupture avec la société qu’il nourrit. Ces propositions ne résolvent ni le problème du revenu du travail agricole ni la libéralisation des marchés agricoles tendant au moins disant économique comme écologique.

Nous avons, ces derniers jours, entendu de nombreux discours portant une critique de l’inflation normative dans le monde agricole. L’association Paysans de nature est justement et en partie née du questionnement sur l’usage des normes.

Faisant le constat que le système de normes et contrôles était insuffisant pour protéger la biodiversité, Paysans de nature propose un dialogue territorial qui permet d’établir une sorte de « contrat social » et de responsabiliser l’ensemble des forces vives des territoires, qu’elles appartiennent ou pas au monde agricole.

Le monde agricole a démontré sa capacité à transiter d’un système traditionnel vers un système industriel avec une efficacité incroyable. Paysans de nature veut croire qu’il peut transiter vers l’agro-écologie à condition d’établir un dialogue local fondé sur la considération et la confiance, pour atteindre des objectifs, plutôt que sur des normes à contrôler.

Paysans de nature ne souhaite pas la disparition des experts et expertes de l’OFB. Nous souhaitons, au contraire, que les experts en biodiversité co-organisent ce dialogue territorial au bénéfice de toutes et tous. Concrètement, Paysans de nature travaille pour que les naturalistes et les agriculteurs se rencontrent (en dehors des postures politiques, corporatistes ou de contrôles), afin d’expérimenter en tant que voisins les pratiques favorables à la biodiversité tout en favorisant l’émergence de circuits alimentaires qui permettent la rémunération et la considération des agriculteurs et agricultrices.

Les objectifs de transition agro-écologique doivent être posés et évalués ferme par ferme, à l’aune de chaque situation sociale, économique, culturelle et naturelle. Les réussites doivent être récompensées à la hauteur des efforts consentis, au cas par cas, se traduisant par la reconsidération du monde agricole, avec des assiettes remplies des produits les plus vertueux aussi bien dans les cantines que dans les maisons et les restaurants.

Contact : Frédéric Signoret, 06 85 09 05 13