La biodiversité ne doit pas être un bouc émissaire !

Communiqué de Paysans de nature, suite aux annonces du gouvernement et au courrier de Laurent Wauquier aux agricultrices et agriculteurs de la région Auvergne Rhône Alpes.

Les responsables politiques qui fustigent les institutions de l’Etat et les missions de police qu’ils ont eux même souhaitées sont étonnants.

A Paysans de nature, nous croyons au dialogue, à la mixité, au partage des savoirs, à l’intelligence collective, aux collaborations entre les professionnelles et professionnels de la biodiversité, les habitantes et habitants et les paysannes et paysans des territoires pour la cohabitation entre tous les êtres vivants.
Certes, les missions de police ne sont pas les plus adaptées pour favoriser le dialogue et le progrès commun pour des territoires désirables, où la diversité des humains et des autres vivants pourraient cohabiter.
Cependant il semblerait que ce ne soit pas la police qui gène certains responsables politiques mais la biodiversité qu’ils désignent comme responsable de la détresse des agriculteurs.

Pour la bonne vitalité démocratique des territoires et une gouvernance qui permette le respect du vivant, Paysans de nature plaide pour l’apaisement, l’écoute respective et la co-construction entre le monde agricole et les autres habitants.
La ficelle de la démagogie est assez grosse en désignant la biodiversité et ses défenseurs responsables de la détresse agricole. Les causes de cette détresse sont nombreuses, complexes, globales.
Certaines solutions nécessaires aux transitions agricoles peuvent se trouver localement, avec les différents acteurs et usagers des espaces agricoles et naturels.

Les discours à visée électorale qui opposent les différentes composantes des espaces ruraux entravent la concorde nécessaire au dialogue et donc aux changements qu’appelle l’effondrement de la biodiversité.
Il est aussi contre-productif de désigner les chasseurs ou les agriculteurs principaux responsables des pertes de biodiversité (alors que l’ensemble de nos modes de vie est à revoir) que de jeter en pâture l’OFB à un monde agricole malmené. Rappelons que sur les 21 635 contrôles de l’OFB en 2023, seulement 1 % concernait des fermes.

La biodiversité est notre assurance vie qui dépollue l’eau, rend l’air respirable, nous permet de manger et de rendre le monde plus agréable.

En termes de surface les agricultrices et agriculteurs figurent parmi les premiers gestionnaires d’espaces, la collaboration avec le monde paysan est donc vitale.
Paysans de nature propose des sessions d’échange et de formation pour envisager ces collaborations locales entre naturalistes, fermes et autres habitantes et habitants.

C’est moins simple que la démagogie mais ça marche.