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Benoît Grimonprez, juriste, spécialisé dans les questions rurales, agricoles et environnementales, vient de publier « Le culte de l’inculte: la souveraineté alimentaire à l’épreuve de l’improductivité agricole« , étude à paraître dans Souveraineté alimentaire européenne : le champ du foncier agricole. Un article proche des préoccupations des membres du réseau, qu’ils soient paysannes et paysans ou gestionnaires d’espace


Pitch de l’article :
Et si pour comprendre l’agriculture, il fallait s’intéresser à son exact contraire: l’inculture.
L’impératif actuel de la souveraineté alimentaire dicte de produire plus. Mais comment? Principalement en investissant des espaces et des habitats non-encore exploités, en augmentant la surface agricole utile au détriment de tout ce qui est « inutile ».

Plus que la souveraineté alimentaire (factice), c’est la souveraineté agricole, notamment sur l’ensemble de l’espace rural, qui est le vrai sujet. Quelle part des surfaces à la campagne doit revenir à l’agriculture? La moindre terre non-artificialisée doit-elle être mise au travail et exploitée ? Pourquoi la déprise agricole, la friche, et maintenant les usages alternatifs du foncier rural font-ils si peur et à qui? Et au sein même de l’exploitation, tout a-t-il vocation à être cultivé? Y-a-t-il une part non-productive dans le système productif de nature à le rendre soutenable ?

Dans cet article, vous apprendrez :
– les rapports qu’avaient autrefois les populations rurales avec les terres « vaines »;
– de quoi philosophiquement la haine du foncier sauvage est le nom;
– pourquoi, en dépit des discours, un certain nombre de surfaces n’intéressent pas l’agriculture dite productive;
– quels outils permettent de reconquérir les espaces ruraux « délaissés » et les raisons de leur inefficacité;
– s’il peut y avoir un autre destin pour les friches que le retour forcé de l’exploitation;
– si les surfaces d’intérêt écologique au sein des exploitations sont aussi des surfaces d’intérêt agricole;
– qu’à côté de la fameuse surface agricole utile (SAU), il existe un concept de surface agricole inutile (SAI), pas si inutile que ça d’ailleurs!
– comment les représentants de la filière Comté ont mis leur appellation (à travers la révision de son cahier des charges) au service de l’inexploitation des tourbières;
– pourquoi les haies font perdre de la productivité, ne servent à rien et coûtent ;
– si la simplification récente de la PAC supprimant l’obligation de garder une part minimale d’éléments favorables à la biodiversité (BCAE n° 8) va réellement permettre d’augmenter l’offre alimentaire.